Avis d'une Kinoise

Ce forum est ouvert à tous ceux qui veulent témoigner sur les évènements de Kolwezi en 1978.

Avis d'une Kinoise

Messagepar Benoît DEBOURSE » 06 Août 2006 13:24

Ce matin, j'ai reçu un mail de Francine Houbion-Diot qui m'expliquait comment les habitants de Kinshasa ont perçu et vécu les évènements de Kolwezi 78. Je trouvais cet avis intéressant aussi je vous le livre:

Bonjour Ben,
En lisant, ce soir, le forum EPPL, j’ai vu que vs parliez de Kolwézi et des souvenirs sont revenus à la surface. J’aimerais t’envoyer mon humble témoignage qui n’est pas de même nature que ceux qui ont vécu les évènements de Kolwézi mais pour dire notre solidarité avec ceux qui ont souffert.
«Solidarité des Kinois»
« Mon beau-père était directeur du personnel à la CHANIC. Dès que nous avons su ce qui se passait, la CHANIC s’est préparée à accueillir les agents CHANIC de Kolwézi et autres réfugiés qui n’auraient pas été éventuellement pris en charge. Telle personne pouvait accueillir 3 personnes, l’autre avait 5 lits, préparation de repas, l’élan de solidarité nous donnait des ailes. Il s’est avéré ensuite que nous avions plus de lits que de réfugiés. Nous avons suivi pratiquement en direct le départ de la Légion de l’aéroport de Ndjili par Radio France International. Nous connaissions l’heure exacte de leur départ de Kin et en faisant le petit calcul, l’heure d’arrivée également sur Kolwézi. L’oreille collée à la radio, nous écoutions les nouvelles en direct. Mon mari et moi avons donc accompagné mon beau-père à l’aéroport de Ndjili à l’arrivée de chaque avion, une voiture de plus serait bien nécessaire. Nous avions notre pancarte où il était inscrit CHANIC, nous nous mettions à quelques mètres au pied de l’avion pour rassembler ces gens au regard hagard. Dès que les passagers avaient un pied sur le sol et qu’ils avaient repéré notre pancarte, ils se mettaient à parler, vider leurs souvenirs douloureux, raconter et raconter encore… J’étais toute jeune, et le souvenir de 1960 remontait à la surface, mais il fallait serrer les dents, retenir les larmes, être attentifs à ces gens pour qui nous étions le seul lien avec la vie, avec l’avenir. J’étais dépitée avec mon sac où j’avais glissé quelques pommes, quelques paquets de biscuits et des paquets de cigarettes que je n’ai jamais distribué car les réfugiés avaient reçu à manger déjà. Ce n’était pas de cela qu’ils avaient besoin mais d’interlocuteurs. Sur le tarmac, il y avait deux endroits de groupage, l’ambassade de Belgique et l’Ambassade de France. »

Francinette
Benoît DEBOURSE
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