Kolwezi 1978 - 30 ans déja!

Ce forum est ouvert à tous ceux qui veulent témoigner sur les évènements de Kolwezi en 1978.

Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 15:37

Je t'avais promis de la lecture Christophe!


SPECIAL - 24 MAl 1978


La lettre de Pierre Davister
Trop de morts !.



Vision d'horreur à Kolwezi. pendant ce temps, on « réunionnait ».



Nous ne sommes pas fiers. Pis, à la place de M. Tinde¬mans ou de M. Simonet, je me chercherais au plus vite une retraite cachée afin de ne pas courir le risquequ'un rescapé de Kolwezi me crache au visage sa façon de penser.
En réalité, les événements du Shaba nous out confirmé de manière cruelle ce que nous savions déjà: la Belgique n'est pas gouvernée et elle a, à sa tête, des hommes mous sans grande envergure qui ne pensent qu'à leur image de marque et négligent totalement les intérêts vitaux de notre pays, voire même - chose plus grave - la vie de leurs compatriotes. Qui ne le sait? M. Tindemans, dépassé, se cherche une porte de sortie honorable mais l'exit qu'il se prépare s'annonce moins glorieux que prévu. Après ses tergiversations et ses atermoie¬ments maladroits au sujet de I'intervention Belge à Kolwezi, il devrait - si notre démocratie était saine - remettre sou tab lier et promener sa triste mine ailleurs. De préférence, très loin de nous. I1 ne le fera pas, bien sûr, mais espérons quand même que les propos qu'il a inconsidérément tenus, notam¬ment au sujet de I'intervention française au Zaïre, ne seront pas oubliés de sitöt par tous les Belges lucides qui, tôt ou tard, finiront par comprendre que notre Premier ministre, con¬fronté avec une affaire grave, a préféré insta lier un « cabinet de crise» aux décisions lentes pour mieux fuif ses responsa¬bilités et mieux fuif surtout le choix de certaines décisions qui se devaient d'être promptes.
Lorsqu'on se souvient de I'efficacité et du courage du tandem Lefèvre-Spaak en des heures analogues (1), on com¬prend mieux que les temps et les hom mes out bien changémais out changé, hélas, à leur désavantage. Au demeurant, pourquoi comparer? Un Tindemans n'aura jamais le civisme raffiné d'un Lefèvre et I'intelligence cynique d'un Simonet ne pèsera jamais lourd devant I'instinct politique d'un Spaak de la belle époque, c'est-à-dire I'époque ou le communautaire ne motivait pas encore complètement le sens de nos grandes options nationales.
(1) C'était en 1963. Dans une opération identique à eelle qui vient de se dérouler à Kolwezi, nos paras furent largués au-dessus de Stanleyville pour délivrer les otages blancs du régime gizengiste.

Faut-il le préciser? M. Tindemans n'avait pas, au départ, l'handicap d'un Giscard d'Estaing. Pour celui¬-ci le SOS de Mobutu tombait au plus mauvais mo¬ment. Ne devait-il pas, en effet, tenir compte à la fois de l'imminence d'un sommet Franco-africain à Paris, d'une pro¬chaine intervention personnelle à l'Onu Sur le. . . désarmement, d'une opposition aussi large que virulente toujours prompte à saisir la balaie au bond lorsqu'il s'agit de condamner le penchant de Giscard pour I'Afrique. C6té Tindemans, par contre, aucune peau de banane d'envergure et un « feu vert » lumineux comme il n'est pas permis de I'être dans la mesure ou, précisément, notre Premier ministre clamait lui-même à tous les échos que la situation à Kolwezi devenait, d'heure en heure, plus tragique. Dès lors, comment ne pas trouver ridi¬cule cette précision cent fois réaffirmée que l'intervention militaire Belge au Zaïre - « si elle devait se faire» (sic) ¬s'inscrivait, en tout état de cause, dans un contexte humani¬taire mais que la Belgique ne désirait pas, pour sa part, être associée à une remise en ordre du Shaba.
Tudieu! Quels propos farfelus (peut-on procéder à une remise en ordre sans faire cesser le... désordre?) Entérinés par un PSB impulsif pousseront l'hérésie et la démagogie jusqu'à dénon¬cer, sans réunion préalable du parti, la façon dont la France est intervenue pour libérer ses compatriotes et les nôtres. Nous frémissons, en effet, en songeant que les Français auraient pu adapter notre langage et surtout notre attentisme dont, dit-on, M. Simonet - faisons chorus avec M. De Bruyne de la Volksunie - s'est montré le plus chaud partisan. On voit mal, en effet, le bouillant VDB accepter avec joie que ses « gars » piaffent d'impatience à deux cents kilomètres de leur but alors que le rôle de libérateurs leur revenait quasi¬ment de plein droit. Ne I' oublions quand même pas: les Belges à Kolwezi étaient quatre fois plus nombreux que les ressor¬tissants français. Or, nos « paras» ne sont pas, que nous sachions, moins courageux que d'autres et - qui le niera? - ¬notre mission humanitaire, tant prônée précisément par M. Tin¬demans, avait forcément une autre dimension que celle de la France. Afin de ne point courir le moindre risque politi¬que, M. Tindemans a décidé cependant que d'autres soldats que les nôtres devaient prendre des risques à leur place. Gageons que les intéressés n'en seront ni heureux, ni fiers et que VDB doit être consterné de manger «de ce pain-là» même s'il apparaît que mourir pour Kolwezi n'est certainement pas la fin dont un militaire belge se surprend parfois à rêver.

Avec une insistance pesante, presque gênante et malsaine, Léo Tindemans et Henri Simonet ont souligné cent fois que l'opération belge et l'opération française n'étaient pas liées et n'avaient pas le même caractère. On comprend mal les mobiles d'un tel manque de fair-play car jusqu'ici - et M. Giscard d'Estaing l'a nettement confirmé ¬les « paras» largués par la France n'ont pas jeté les bases d'une immixtion suspecte "et n'ont rien fait d'autre que d'intervenir plus vite. Partant, que nous le voudrions ou non, leur intervention est devenue, par sa rapidité, beaucoup plus huma¬nitaire que la nôtre et, dès lors, nous voyons mal pourquoi notre Premier ministre et notre Ministre des Affaires étrangères se démènent tellement pour faire la leçon à nos voisins qui, s'ils n'étaient polis et patients, pourraient allègrement leur répondre par le mot de Cambronne. Certes, nous savons que nos dirigeants ont peur de se mouiller mais, qu'ils le veuillent ou non, ils ne sont pas moins mouillés que les Français aux yeux des zozos qui, aveuglés par leur hargne, sont évidem¬ment disposés à sacrifier bi en davantage que cent de nos compatriotes pour saluer la chute du général Mobutu. Car c'est là que le bat blesse et, en réalité, nul n'est dupe: les nuances, les sous-entendus et les redites prudentes de notre Premier ministre s'adressent à cette partie de l'opinion publique Belge qui n'aime pas Mobutu, ne l'ont jamais aimé et ne l'aimeront jamais. C'est leur droit à ces gents de nourrir de tels sentiments mais nous avons - ne l'oublions pas - un poli¬tique officiel qui affiche un attachement indéfectible au Zaïre et n'hésite pas à le proclamer lorsque certains intérêts - comme ceux des ACEC, par exemple - sont en jeu, parfois même en péril. Mieux, cette politique a la caution royale et le Palais n'a pas jusqu'ici renié est option. N'est¬ ce pas d'ailleurs Baudouin Ier lui-même qui entoure Mobutu de soins attentifs et privilégiés chaque fois que le chef d'Etat zaïrois séjourne en Belgique? Nous voyons mal, dès lors, pourquoi M. Tinde¬mans et M. Simonet doivent feindre soudainement d'ignorer le Shaba et esti¬mer qu'ils ne peuvent y poser décem¬ment que leur petit orteil comme s'il s'agissait d'une des régions pestiférées de notre planète ou nous ne pourrons normale¬ment séjourner que... 72 heures. Car M. Tindemans, bon comptable lorsqu'il ne s'agit pas de compter les milliards de déficit de notre budget national, a calculé qu'une action humanitaire doit durer exactement 72 heures! Au-delà, il y a risque. Risque de mécontenter à nouveau les mêmes farceurs qui, pour les mêmes motifs, perturbent aussi l'exis¬tence de M. Giscard d'Estaing mais dont, intelligemment, le Président de la Républi¬que française ne tient apparemment aucun compte. S'est-il d'ailleurs jamais demandé, ce bon naïf de Léo Tinde¬mans, ce que faisaient à Kolwezi les 1.400 Belges que nos « paras» ont sauvés? A Hoboken ou nous savons ce que parler cuivre veut dire, nous n'ignorons pas qu'ils servaient grandement les intérêts de notre pays et que la Belgique ne perdait pas son temps en conservant une tête de pont importante dans l'ex-fief de l'Union Minière devenu, la décolonisation aidant, le nouveau fier de la Gécamines. Société floris¬sante s'il en est, celle-ci ne ferait pas aujourd'hui des chômeurs de nos compatriotes si les Occidentaux veilIaient plus intelligem¬ment «au grain» en défendant aux Cubains, tueurs à gages des Russes, de déstabiliser certaines régions (les plus fiches, bien sûr) du continent africain. A présent, parce que le gang a coulé trop abondamment, on nie à Loanda, à Moscou, à La Havane, toute forme de participation aux nuits « des longs couteaux » que vient de connaître Kolwezi.

Evidemment, il est plus facile de nier I'évidence et d'allier l'hypocrisie à I'odieux en donnant, par exemple, un droit d'antenne à la RTB et à la BRT au porte-parole des rebelles qui ont torturé avant de les massacrer plus de cent Européens à Kolwezi. Ce porte-parole, Jean-Baptiste N'Pompa l'affirme: Il n'a pas vu de Cubains aux côtés des ex-gendarmes katangais. Comment aurait-il pu les voir puisqu'il n'a pas quitté Bruxelles où il exerce les fonctions de barman au « Crocodil », un night-club de la chaussée d'Ixelles fort fréquenté par les Africains? C'est de ce poste d'observation avancé que N'Pomba voit tout ce qui se passe sur le front du Shaba et peut ainsi faire la joie des gauchistes de notre télévision qui ne ratent aucune occasion de lui donner la parole. Lui arrive-t-il de se discréditer en annonçant la mort de plusieurs centaines de parachutistes français, information totalement fausse dont il n'était pas difficile de discerner le caractère hautement fantaisiste? Qu'importe! RTB et BRT lui redonnent aussitôt un large temps d'antenne qui intervient immédiatement après l'annonce d'une nouvelle particulièrement consternante: la découverte d'un charnier de soixante Blancs par des soldats français.
Jean-Baptiste N'Pomba ne se laisse pas démonter pour si peu. Cyniquement, il commente cette découverte et - non, nous n'avons pas rêvé! - nous laissons faire ce corniaud ou le laisse parler sans qu'un Tindemans ou un Simonet songent à intervenir en donnant l'ordre à un huissier de nos postes nationaux de lui botter le derrière. Pis, pour ce représen¬tant du « Front National de Libération du Congo» il suffi¬sait de l'écouter et de s'adresser direc¬tement, par sou intermédiaire, aux rebel¬les. Ceux-ci, en effet, n'avaient que des intentions pacifiques (on l'a vu!) et - tenez-vous bien! - ne pensaient à rien d'autre qu'à protéger tous les Blancs du Shaba dont certains, en conséquence, sont devenus des morts inutiles. Gageons que si la RTB a laissé diffuser ces sornettes, il vaudrait mieux qu'elles n'arrivent pas directement aux oreilles d'un rescapé de Kolwezi car, s'il en était ainsi, N'Pomba pourrait con¬naître des heures moins douces que celles qu'il a connues jusqu'ici.

Mythomane à gogo, le porte-parole du FLNC n'en est d'ail¬leurs plus à une affirmation près et, triomphaliste, croit à la chute imminente du président Mobutu au moment ou celui-ci est tout simple¬ment en train de gagner sa deuxième guerre du Shaba. Certes, il n'en faudrait pas une troisième car si Henri Simonet est devenu plus calme, comme on a pu le voir dans le « Face à la presse» de ce dimanche, il a toutefois démontré que Mobutu demeurait dans le collimateur de sa politique personnelle qui ne veut faire au Président zaïrois nulle reine même légère mais s'efforce, néanmoins, de ne pas écarter la perspective d'un « après¬Mobutu » quasi ment programmé.
Cet « après-Mobutu », il faudra bien d'ailleurs qu'on en parle un jour pour démontrer - si besoin est - qu'il est impossible avant longtemps dans la mesure ou, précisément, on ne voit guère qui pourrait prendre les destinées du Zaïre en mains sans provoquer immédiatement une authentique hécatombe.
Quelle que soit la valeur de l'armée zaïroise, elle a encore le mérite d'avoir un chef qu'elle écoute et qui maintient, vaille que vaille, l'unité du pays. Qui pourrait le faire à sa place? Un autre général? Il n’aurait pas obéi par l'armée et serait tenté, dès lors, de créer une sécession afin que son autorité puisse s'exercer à part entière dans une région de son choix. Or, il y a beaucoup de généraux dans l'armée zaïroise. Assez pour balkaniser notre ex-colonie et lui donner l'occasion de se faire une superbe hara-kiri dont nous ne serions pas les derniers à nous mordre les doigts.
De cette alternative, M. Giscard d'Estaing ne veut pas et M. Tindemans n'en a même pas la vision. Quant à M. Simo¬net, quelle que soit la formule pour l'avenir, il choisira celle qui le sert personnellement le mieux et surtout celle qui sert le mieux sa carrière. Pour le reste, il s'en moque. Comme l'orage s'annonce, il ouvre déjà sou parapluie. Son grand corps se replie. Il devient tout petit, petit, petit afin de mieux se déplier un jour - lointain ou proche - lorsque le soleil reviendra.

Pierre Davister
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Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 15:39

L’Afrique ne sera plus pareille

Les mines de Kolwezi: I'éternel enjeu.


Le sauvetage de Kolwezi donne un label de qualité à la politique interventionniste du président Giscard d'Estaing et va peut-être mettre fin aux hésitations de Carter.

« C'est pire qu'un crime, c'est une erreur! » eût dit Talleyrand avec dédain. Le Front de Libération nationale du Congo-Kinshasa de Nathaniel Mbumba a perdu la semaine dernière toute chance de renverser un jour le régime du prési¬dent Mobutu. Il l'a perdue parce que les atrocités commises en son nom à Kolwezi constituaient la plus monu¬mentale erreur qu'un mouvement échelle puisse commettre: s'aliéner des sympathies. Aujourd'hui, le Flnc est isolé, désavoué, renié par ceux-là mêmes qui, voici une dizaine de jours encore, sou¬haitaient, ouvertement ou secrètement, le succès de sa nouvelle offensive mili¬taire. Personne ne veut plus entendre parler de lui, personne ne veut être soupçonné de sympathie ou de coopé¬ration avec lui: ni l’Angola, ni Cuba, ni la Zambie, ni l'Urss. Le gouvernement de Luanda a toujours affirmé qu'il n'était pour rien dans les entreprises déclenchées à partir de sou territoire par les ex-gen¬darmes katangais. Et La Havane a tenu à crier bien haut que jamais, au grand jamais, l'opération manquée du Shaba n 'a été télécommandée par Fidel Castro.
En fait tout s'est passé à Kolwezi comme si le Flnc et les mouvements qui le soutiennent étaient allés au suicide. Le gouvernement du général Mobutu sort donc une fois de plus renforcé de cette épreuve. Mais les conséquences de l'affaire de Kolwezi débordent singulière¬ment le cadre zaïrois et c'est la politique africaine tout entière qui pourrait bien s'en trouver modifiée. Nous allons le voir au cours des mois qui viennent. Mais auparavant, il faut analyser ou plutôt essayer d'analyser, ce qui s'est passé. Cela n'est pas facile d'une part en raison du climat de passion et d'indignation qui entoure les événements du Shaba, d'autre part en raison de la difficulté même d'obtenir des infor¬mations précises. Jusqu'à présent, tout ce qui s'est dit et écrit à ce sujet repose sur des sympathies et sur des tendances beaucoup plus que sur des faits, d'ail¬leurs impossible à cerner. Seuls les recoupements et l'analyse peuvent meler quelque part.

Ce n'étaient plus les mêmes

Tout d'abord, comme dans toute enquête criminelle, il faut essayer de retracer les antécédents de ceux que I'on désigne comme les coupables: les ex¬- gendarmes katangais. En effet, il est frappant de constater que

Leur compor¬tement n'a pas été du tout le même la semaine dernière et l'année dernière, lors de la première invasion du Shaba et lors de la seconde. L'an dernier - tous les récits de témoins impartiaux sont d'accord à ce propos - ils s'étaient abstenus de toute exaction à l'encontre des coopérants européens. Ceux-ci n'avaient été ni inquiétés ni molestés. Les ex-gendarmes avaient eu une conduite conforme à leur réputation (ou leur légende): celle d'une troupe disciplinée. Pourquoi, à Kolwezi, la même troupe a-t-elle cette fois-ci tuée des innocents, violé, pillé, mis à sac? Personne ne peut donner la réponse. Il y a cependant une hypothèse plausible: la troupe qui a attaqué Kolwezi n'était pas tout à fait la même que celle qui avait envahi le Shaba l'an dernier.
Il est inutile de dire à un Belge qui au début des années 60 a suivi les événements de I'indépendance congolaise et de la sécession du Katanga qui étaient les « gendarmes katangais » de l'époque: l'armée privée de Moïse Tshombé. Mais peut-être n'est-il pas inutile de rappeler certaines choses à ceux qui avaient 10 ans en 1960.
Après l'échec de la sécession katan¬gaise, les gendarmes se réfugient en Angola. Pourquoi l'Angola? Parce que la plupart d'entre eux appartiennent à l'ethnie lunda, laquelle - situation colo¬niale classique - peuple une zone che¬vauchant la frontière Katanga-Angola¬-Zambie. En Angola, les ex-gendarmes retrouvent donc des membres de leurs familles, au sens élargi que I'on donne en Afrique à ce mot.

Au service des Portugais

A cette époque, la guerre de libération vient de commencer en Angola. Les Portugais donnent volontiers asile à ces professionnels de la guerre qui ont fait leur preuve au service de la sécession katangaise. Non seulement ils les accueil¬lent mais ils les réarment. Et les ex-gen¬darmes vont combattre aux côtés des Portugais contre les guérilleros du MPLA et du GRAE qui deviendra plus tard le FNLA de Roberto Holden.
La rébellion de 1964-65 permet aux ex-gendarmes de rentrer au pays. On a besoin d'eux. Et, se substituant à une armée nationale congolaise encore em¬bryonnaire, ils vont, avec l'aide des mercenaires de Schramme et Denard, liquider la rébellion avec une efficacité (et souvent une férocité) assez remar¬quable.
Après l'éviction de Moïse Tshombe, leur « patron », par le coup d'Etat du général Mobutu, les rapports se gâtent entre l'armée régulière d'une part, les ex-gendarmes et mercenaires d'autre part. Mal payé (ou pas du tout) ils se « servent» dans les banques de Stan¬leyville et se rebellent contre le pouvoir central. C'est le début d'une longue retraite qui amènera les uns au Rwanda, les autres, de nouveau, en Angola.
Ceux qui ont choisi la seconde solution verront leurs rangs grossis par beaucoup qui avaient choisi la première. Certains règlements de compte entre cadres ex-katangais et cadres de l'armée régu¬lière font que l'amnistie promise aux gendarmes rapatriés du Rwanda n'est pas partout respectée.
Voici comme serait mort le colonel Mbemba, le chef de la faction « rwan¬daise » des ex-gendarmes, selon ce que disent ses amis; on le força à boire de I'essence et on y mit le feu.

Jouer la carte MPLA et gagner

De retour en Angola, les gendarmes reprennent du service avec les Portugais. Cela dure des années et des années. Vient le moment de l'indépendance angolaise et de la rapide guerre civile qui s'ensuit. Les ex-gendarmes doivent choisir entre le MPLA de Neto et le FNLA de Roberto Holden. Leur choix est vite fait: le Zaïre soutient le FNLA et il est clair que ce dernier, s'il prenait le pouvoir à Luanda, expulserait immédiatement les ennemis de ses amis. Donc, les ex-gendarmes prennent le parti du MPLA. Ils ont raison: ce dernier gagne.
Après cette victoire, ils se sentent terriblement oisifs. Plus d'ennemis à combattre. Alors leurs pensées se tour¬nent de nouveau vers le Zaïre, avec sans doute la nostalgie des exilés. Ce sera alors la tentative d'invasion, pro¬bablement improvisée, de I'an dernier.

Comme les cosaques !Au cours de ces longues années passées à guerroyer, contre les uns et les autres, les « gendarmes» ont évidemment vieilli. Mais ils ont conservé un esprit de corps qui a résisté aux apports nouveaux. Ils ont cessé de former seulement une unité militaire, ils sont devenus une sorte d’ethnie guerrière à la manière des Cosa¬ques d'autrefois.
Ce serait une erreur, en effet, d'ima¬giner l'existence en exil des ex-gendarmes dans le cadre de camps ou de casernes « à l'Européenne » ou l'on mène une vie de Spartiate dans un environnement uniquement masculin. La communauté ethnique et linguistique aidant, ils se sont facilement installés dans le pays, y ont souvent fondé des familles. Ceux qui étaient déjà mariés ont fait venir en Angola leurs épouses et leurs enfants. Quand ces derniers ont grandi, tout naturellement, ils ont appris le métier des armes. Les effectifs se sont donc grossis en fonction non seulement de la natalité mais aussi en fonction de la fascination que les ex-gendarmes exer¬cent Sur la jeune population angolaise locale, laquelle, insistons encore là-des¬sus, se compose de « cousins» ou de « frères» lundas. II n'est pas étonnant que les quelques prisonniers capturés I'an dernier au Shaba aient accusé un age tel qu'il était impossible de vair en eux de « vrais » gendarmes katangais.

On parle portugais

Du noyau originel, il reste certes encore certains éléments mais il est bien évident que ceux-ci deviennent de plus en plus rares chez les « Katangais » d'aujourd'hui on parle surtout portugais, comme en Angola. Cependant, l'esprit originel, la tradition militaire et la haine de Mobutu n'avaient guère varié jus¬qu'au début de I'an dernier. Ce qui avait changé, c'était, en grande partie, I'armement: il était inévitable que sa provenance se renouvelle et que les mitraillettes de la Fn soient remplacées par les redoutables « Kalachnikov AK » de fabrication soviétique.
De même l'appellation elle-même de « gendarmes katangais» était devenue désuète. II fallait changer d'image de marque, il fallait « motiver politique¬ment» la troupe...
Changer d'image de marque, ce fut facile: il surfisait de changer de nom: Fnlc fit l'affaire. La motivation poli¬tique, par contre, semble être restée extrêmement nébuleuse. II serait certes naïf de croire que le gouvernement marxiste de Luanda n'a pas tenté de gagner cette troupe demeurée largement étrangère à son idéologie, ne serait-ce que pour des motifs de sécurité inté¬rieure. Mais bien que l'actuel chef du FLNC, le général Nathaniel Mbumba, soit parfois couvert d'éloges par des publi¬cations d'extrême gauche, personne ne sait très bien ou le situer. Et il n'est pas certain qu'il le sait lui-même.

La nouvelle vague
Telle était en tout cas, grosso modo, la situation au sein du FLNC quand se produisit l'an dernier la première invasion du Shaba. On sait ce qu'il en advint. Ce que l'on sait moins c'est ce que fut la pacification des régions évacuées par les rebelles. Divers témoignages indi¬quent que, de la part des troupes maro¬caines notamment, elle ne fut pas tou¬jours très douce. Ce qui expliquerait ce commentaire accompagné d'un haus¬sement d'épaules de M. Luis de Almeida, ambassadeur d’Angola à Bruxelles: « L'invasion du Shaba, tout ce qu'elle nous a rapporté, ce sont 200.000 réfugies. .
Il semble qu'une partie de ces réfugiés a été acceptée dans les rangs du Flnc. Leur amalgame dans la troupe disciplinée que l'on avait réussi à pré¬server jusqu'à présent a-t-il été insuffisant, trop hâtif? C'est possible et cela est peut-être l'explication des massacres de Kolwezi: ceux-ci pourraient avoir été le fait d'éléments mal contrôlés du Flnc, revenus dans leur pays d'origine avec une haine envers les Européens d'autant plus grande que ceux-ci étaient considérés par eux comme les véritables responsables de leur exil.
Selon certains témoignages de resca¬pés, interrogés par Spécial à leur retour à Bruxelles, des « éléments locaux » out été particulièrement impitoyable lors de ces journées tragiques. Il semble, en effet, que la prise de Kolwezi par les rebelles ait été le résultat d'une coopé¬ration entre le FLNC « extérieur» et certains réseaux implantés sur place. Tout cela expliquerait donc le chan¬gement de comportement constaté chez les rebelles à un an d'intervalle.
Cavalier seul
Si l'on examine maintenant avec impartialité la situation de l'opposition zaïroise, on constate que chaque mort d'Européen de Kolwezi a constitué pour elle un coup qui sera peut-être lui-même mortel.
Tout d'abord, il faut rectifier le terme: il n'y a pas d'opposition zaïroise, il y a des oppositions zaïroises, une constel¬lation d'oppositions dont certaines relè¬vent de la pure plaisanterie, tandis que d'autres méritent d'être prises au sérieux.
La première est, bien entendu, celle dont il a été abondamment question jusqu'ici, le Flnc. Mais celui-ci, disions-¬nous, est demeuré largement dépourvu d'idéologie consistante. C'est pourquoi les autres mouvements d'opposition out essayée de combler à leur profit ce vide politique. Ce fut notamment ce que tenta de faire le Mouvement d'Action pour la Résurrection du Congo, que préside un ancien commissaire au Shaba, Daniel Monguya Mbengé.
Le Marc, qui a son siège à Bruxelles, avait réussi à créer quelques antennes et réseaux à l'intérieur du Zaïre, notam¬ment au sein de l'armée, comme l'a prouvé le récent procès de Kinshasa ou M. Kanyonga Mobatéli, secrétaire géné¬ral du Marc, fut décrit par le com¬mandant Kaluma Amba comme l'âme du complot. Ces « forces congolaises de l'intérieur devaient passer à l'action» l'an dernier dans le cadre d'une opé¬ration coordonnée avec le Flnc. Mais ce dernier fit brusquement cavalier seul au grafici dam du Marc: ce fut la guerre des 80 jours.
Depuis lors, les rapports entre le Marc et le Flnc sont demeurés extrêmement frais, pour ne pas dire tendus.
D'autres formations ont tenté depuis de s'allier au Flnc et de devenir sou aile politique. C'est le cas des Forces démo¬cratiques pour la Libération du Congo d'Antoine Gizenga, qui se trouverait actuellement, lui aussi, en Angola. C'est le cas du Parti populaire africain et du Parti révolutionnaire du Peuple, du marxiste Laurent Kabila. Mais il apparait que le Flnc a résisté à routes les tentatives de « récupération ».
Il semble qu'actuellement la formation qui air les meilleurs rapports avec lui soit le FLC (Forces libres du Congo) dans lequel on trouve le fils de Moïse Tshombe, Jean, un jeune juriste « bru¬xellois», et Yav Kaber gendre de feu l'ancien Premier ministre du Katanga sécessionniste. Le F1c affirme avoir lui aussi des réseaux à l'intérieur du Zaïre.

« Giscard avait raison »

De tout cela se dégage une impression de très grande confusion. Personne ne sait ce que représentent, en termes de soutien populaire, les différentes forma¬tions ou groupuscules que l'en réunit arbitrairement sous la forme générale d'opposition zaïroise. Mais ce n'est un secret pour personne que certains, au sein même du ministère belge des Affaires étrangères ainsi qu'au Dépar¬tement d'Etat américain, estiment en savoir assez peur rechercher ce qu'ils appellent la «solution de rechange à Kinshasa . D'autres répondent qu'ils ont déjà trouvé la réponse: la solution de rechange n'existe pas.
La France, peur sa part, a fait sen opinion depuis longtemps et parce qu'elle n'a pas tergiversé, pas balancé d'un pied sur l'autre, c'est elle qui apparaît comme la grande gagnante des opérations. Dès que I'Elysée a eu pris sa décision, Paris a foncé. Et ce sont bel et bien les paras de la Légion étrangère qui ont libéré les otages de Kolwezi, opération dans laquelle les Belges semblent - à fort ou à raison - n'avoir joué qu'un rare accessoire. «Sans les Français, nous avons dit plu¬sieurs rescapés, nous ne serions plus vivants aujourd’hui.
Mais, puisqu'il est vrai que c'est le succès qui donne raison ou fort, la France n'a pas seulement gagné sur le plan humanitaire: l'opération de Kol¬wezi couronne la politique intervention¬niste du président Giscard d'Estaing. Elle donne par extension un label noble à l'intervention française au Tchad et. au Sahara occidental.
Personne ne peut aujourd'hui se per¬mettre de critiquer la politique giscar¬dienne sans apparaître comme le com¬plice moral des tortionnaires de Kolwezi. L'action française a été applaudie ouver¬tement par la plupart des pays africains modérés tandis que ceux qui auraient souhaité le succès du Flnc sont obligés de se tenir cois.

Et l' Amérique?

Comme on l'a déjà dit, Cuba même tient à prendre ses distances du Flnc. M. Simonet avait probablement raison quand il conseillait à nos confrères de la Rtb la plus extrême prudence en ce qui concerne la participation des Cubains dans la mise en oeuvre de l'opération Kolwezi et plus encore en ce qui concerne leur rôle comme inspira¬teurs de l'attaque. Que les Cubains aient pu, en Angola, enseigner aux soldats du Flna quelques astuces de guerilla, ainsi que le maniement de l'armement sovié¬tique, c'est fort possible. Cependant l'Abc de la guerre révolutionnaire « à la cubaine » aurait plutat commandé d'évi¬ter une attaque directe sur une ville importante: c'est dans les campagnes que Fidel Castro a gagné sa propre révolution, c'est parmi les paysans que Che Guevara agissait. Les villes doivent tomber comme des fruits mûrs quand la campagne a été gagnée. Le choix de Kolwezi comme objectif peut s'expliquer par le curriculum vitae de Nathaniel Mbumba: celui-ci fut autrefois chef de la police de cette ville. I1 la connaissait donc intimement, il y avait peut-être conservé des amitiés, des intelligences, et il était conscient de sen importance peur I'économie zaÏroise. La destruction des installations minières confirme que l'objectif était le sabotage économique du Zaïre. Comme le prouve aussi hélas! le massacre des cadres zaÏrois des milles.
On en est là. Beaucoup plus de points d'interrogation que de réponses. Kolwezi pourrait bien marquer un tournant dans I'histoire contemporaine de l' Afrique. L'élément le plus important s'exprime d'ailleurs sous ferme de point d'inter¬rogation: Quelles conclusions Jimmy Carter va-t-il tirer de tout cela? Hési¬tant entre l'interventionnisme de « Zbig» et l'humanisme insouciant de Young, la politique américaine va-t-elle prendre tournure? L'attitude des Etats¬Unis dans la mise au point des secours à Kolwezi, les accusations du Dépar¬tement d'Etat à I'encontre de Cuba, tout cela semble indiquer que la balance commence à pencher du café d'une politique plus résolue d'opposition aux manceuvres soviétiques. Wait and see....
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Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 15:42

Les premiers témoignages

« Des coups de feu 24 heures sur 24. les Français sont arrivés un peu trop tard, mais s'ils avaient encore attendu, nous étions tous massacrés. »


Elle sanglote, elle n'en peut plus. Sou¬tenue par ses proches, elle ne cherche pas à dominer sa colère qui éclate à travers ses larrnes. Elle attend depuis des heures dans I'atmosphère tragique de Zaventem l'arrivée du premier avion sa fille, son gendre et ses petits-enfants sont dans l'en¬fer de Kolwezi. Devant les caméras d'An¬tenne 2, sa révolte a jailli, sans bonte. «Je ne suis pas fière d'être belge! Est-ce qu'on nous les rendra nos enfants? On dit « pourquoi partir là-bas?» Vaut-il mieux rester ici devant les bureaux de chômage?
M. Giscard d'Estaing, lui, je l'admire: ça c'est un homme! ».
« J'habite dans la vieille ville, explique un homme d'une cinquantaine d'années, costume et chemise ouverte, l'air fatigué mais soulagé. Ils ont commencé à tirer dans l'état major des Forces zaïroises en face de chez moi vers six heures du matin samedi. Ils n'étaient pas violents avec les habitants au début. Je n'ai vu aucun mort et même nous sortions librement pour aller chez les voisins. Heureusement nous avions des vivres en réserve. Nous n'avons manqué de rien, sauf d'électricité par moment. Je travaille à la Gecamines et depuis samedi nous ne travailIons plus. Ce sont les parachutistes français qui sont arrivés les premiers ».
Une homme d’une trentaine d'années, sportif, bronzé habitait le quartier de Mutoshi. « Je suis resté enfermé pendant buit jours dans les toilettes avec ma femme et mes enfants. Lorsqu'on a frappé à la porte, je suis sorti seul et lorsque je suis arrivé, ils étaient déjà partis. Parfois, ils entraient correctement chez les Blancs. D'après moi, les Belges sont arri¬vés les premiers, ce sont eux qui ont dé¬gagé la route de Kolwezi. J'estime que j'ai moins souffert que d'autres dans la mesure ou je n'ai pas subi de perqui¬sition. Retournerai-je? Sans doute: j'ai tout laissé là-bas et j'ai dix-huit ans d'Afrique derrière moi... ».
Ecrasée de fatigue et complètement hébétée, une femme entre trente et qua¬rante ans retient difficilement ses larrnes. « J'ai entendu dire qu'ils ont tué une femme enceinte. J'ai une amie dont le mari a été tué lis sont arrivés de tous côtés à la fois samedi à six heures du matin. C'était très facile de s'emparer de la ville. I1 y a eu beaucoup de massa¬cres. I1 y a cent, peut-être deux cents morts. Personne ne l'a vu mais on m'a dit que des femmes avaient été violées. Quand les premiers paras français sont arrivés, ils tiraient sur tous les Français et les Nord-Africains.

Anne-Marie Muteba, 30 ans, est rentrée seule avec ses trois enfants. Son mari, un Zaïrois, est encore là-bas parce qu'il a estimé que les premiers à rentrer devaient être les femmes et les Européens.






On vient encore d'attaquer la ville. Je n'ai entendu que des coups de feu. C'est une terrible souffrance morale 24 heures sur 24. Je n'ai pas la confirmation que des femmes ont été violées. Mais depuis une semaine, je vis avec mes en¬fants et la familie de mon mari dans le couloir de ma.maison. Cela a commencé à barder vraiment mercredi à 11 h 30 lorsqu'ils ont attaqué au mortier. Nous étions sans eau ni électricité et les domes¬tiques sortaient pendant les accalmies pour aller chercher à manger, et puiser l'eau dans les piscines. Nous n'avons pas vraiment été maltraités dans notre quar¬tier, mais les Katangais sont venus sou¬vent nous demander ou habitaient les Français. C'est à eux qu'ils en voulaient surtout, parce qu'ils soutiennent le ré¬gime. J'ai commencé à vraiment avoir peur à partir de vendredi lorsqu'on a entendu les premiers C 130. an avait la trouille de 17 h jusqu'à 9 h du matin. Qui allait atterrir?
Je vais probablement rester en Belgique ou habite toute ma famille. Mon mari lui-même hésite à rentrer un jour au Zaïre parce qu'i! appartient à la tribu des Bandungu à qui les Katangais en veu¬lent particulièrement, puisqu'ils out fait la marche de soutien à Mobutu.

I1 paraît qu'il y avait des gens enfermés dans l'école dans la cité et que les rebelles ont pris en otage des soldats de l'armée zaïroise. Mardi et mercredi, l'armée zaï¬roise est interventie contre les rebelles mais elle forçait les civils zaïrois à les suivre, en leur confisquant leurs cartes de citoyen.
Les rebelles sont entrés dans plusieurs maisons pour voir s'il n'y avait pas de militaire zaïrois qui s'y cachait. On dit aussi que quelques Blancs ont tiré sur eux avec un fusil.de chasse. Ils ont pillé les magasins, et massacré plusieurs per¬sonnes dans d'autres quartiers que le notre. Certains expatriés out déjà été tués samedi et hier, avant de partir, on a encore vu leurs chiens qui mangeaient leurs cadavres. l'estime que quant à moi, mariée à un Zaïrois, j'ai eu beaucoup de chance. Une autre Belge mariée à un Zaïrois est dans le même avion. Nous nous attendions à être tuées.
Monique Tahir cache sou émotion et semble prendre sou parti de ce qui lui arrive. Son mari, en revanche, semble complètement exténué.
« Nous avons subi des choses terribles, raconte-t-elle. l'habitais le quartier Mu¬toshi près de l'aéroport. Les deux der¬niers jours, nous avons vécu sous le toit. Les Katangais avaient tout pillé. Le der¬nier a même uriné sur ma table de salon. Ils tiraient sur les gens quand ils se fä¬chaient. Les domestiques se chargeaient d'aller nous chercher de la nourriture. Pourtant, j'ai vu parmi les rebelles cer¬tains Zaïrois de la cité, en loques, qui suivaient les Katangais mais étaient bien plus dangereux qu'eux. Ce sont des gens qui meurent de faim et qui étaient animés d'un esprit de vengeance. Par contre, à un moment, au début de la semaine, les Katangais nous ont appelé pour les aider parce qu'ils étaient en panne devant la maison. Mon mari les a aidés et ils nous ont offert une farde de cigarettes en disont « Et dire que nous sommes des rebelles ». Le pillage a commencé jeudi en fait. J'ai tout laissé, même ma montre, et j'ai sauvé mes bagues en les mettant en bouche. Si j'ai sauvé ma vie, c'est parce qu'au début ils demandaient des cartes d'identité et ne s'en prenaient qu'aux Français. Après, ils ne faisaient plus la différence. Je crois que je dois ma vie au fait que j'ai tout le temps palabré avec eux, ne laissont pas un instant de vide dans la conversation, obéissont à leurs ordres de servir à boire après avoir bu moi-même, de porter mes affaires dans leurs voitures, en leur montrant que je n'avais plus d'argent à leur donner ».
La plupart des rebelles étaient très jeu¬nes, il y avait avec eux quelques vieux plutôt gentils. Les plus dangereux, comme je l'ai dit, étaient les gens de la cité que nous avons reconnus des voi¬sines et moi.
Ils étaient tous équipés d'armes américaines, ajoute M. Tahir. Et ils étaient tous armés jusqu'aux dents. I1 y avait de toutes les ethnies. Nous avons cru à un début de révolution. La misère règne en maître là-bas. Le salaire moyen d'un ouvrier de la cité est de 50 zaÏres, alors qu'un sac de farine vaut 25 zaÏres. Et avec ce qui reste ils doivent nourrir non seulement leur femme et leurs douze enfants mais encore toute la familIe qui vit à leurs crochets. Alors, ils manifestent leur haine contre le régime à travers les Blancs.Les Français sont arrivés les premiers, mais un peu trop tard pour évi¬ter le massacre. Nous avons 7 ans d' Afri¬que mais nous ne retournerons que si les conditions de sécurité sont strictes et garanties.
Un monsieur d'une cinquantaine d'an¬nées racaille qu'un de ses voisins a été tué parce qu'il refusait de donner les clefs de sa voiture ». Les Français sont arrivés un rien trop tard, soupire-t-il. Il y aura au moins 200 morts A la fin, ils ne demandaient plus les cartes d'identité, racaille une Belge d'une quarantaine d'années mariée à un Italien. J'ai très vite vu les paras arriver puisqu'ils sont des¬cendus près de ma maison. Nous ne sa¬vions pas qui ils étaient puisque notre radio avait été confisquée. Les paras sont arrivés vendredi vers quatre heures, mais les rebelles ont continué à tirer. Hier encore un Européen qui allait chercher ses collègues professeurs dans l'école a été tué sur le pont. Il paraît que dans un endroit ils étaient à 38 dans une cham¬bre, ils ont tous été massacrés sauf deux qui ont réussi à se sauver par les toits. Même des enfants ont été descendus à la mitraillette. Il y a eu des Européens tués dès le début: un des copains de mon fils a été tué dimanche déjà ».
M. Vos, un agent technique de Roux, a été sauvé par un personnage qu'il ap¬pelle un« commissaire politique rebelle ». « Avec plusieurs autres, dit-il, on nous emmenait vers la carrière pour nous fu¬sillier. Ce commissaire a arrêté le déta¬chement et a ordonné à nos gardiens de nous conduire vers le quartier général des rebelles où on nous a libérés avec des excuses...».
M. Vos est formel: il n'a pas vu un seul Cubain parmi les rebelles mais certains d'entre eux parlaient portugais, ce qui n'a rien d'étonnant puisque c'est la langue officielle de l' Angola.









Damseaux accuse

Par deux fois, lundi à 15 h, le président de la Chambre a dû modérer les ardeurs de M. André Damseaux qui tenait à occuper la tribune avant que le droit à la parole ne lui soit accordé. Et lorsque finalement le président et porte-parole de la grande familie libérale réformatrice, a pu s'exprimer, ce fut peur « annoncer la couleur» en quelque sorte - confirmer ce que neus écrivons également – et dire quel serait le débat du lendemain. En cause: les tergiversations, les hésitations, les hypocrisies, et surtout les indiscré¬tions qui, selon l'orateur, auraient coûté la vie de tant de nos compatriotes. Et M. Damseaux de s'exclamer: «Cest la France qui a entrepris la véritable action humanitaire au moment ou notre ministre des Affaires étrangères préconisait que la seule politique du gouvernement était de n'en avoir aucune! ».
Un fait significatif au-delà des artifices oratoires, que les observateurs n'ont pas manqué de faire remarquer: pour la pre¬mière fois les applaudissements donnaient l'impression que I'opposition était plus unie que la majorité.
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Messagepar Dandois C. » 24 Mai 2008 15:53

Repfirst, c'est sympa tout ces copier-coller. Tu pourrais au moins citer les sources que de refourguer tel quel le travail d'archives de JP sonck!
Dandois C.
 
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Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 15:57

Le Shaba, pourquoi pas?
Le gouvernement Tindemans n 'a pas effectué sa fausse sortie en raison de ses responsabilités dans le drame du Shaba, hélas, mais pour une question de gros sous.

La tragédie du Shaba: pourquoi conti¬nuer à en parler? Pourquoi continuer à retourner le fer dans la plaie? La R.T.B. ne nous donne-t-elle pas l'exemple de «l'apai¬sement»? Pour elle, les centaines d'Européens massacrés, les enfants européens empalés, les femmes euro¬péennes violées et éventrées, c'est gommé, oublié. Ne comptent plus pour elle que les «Chiliens disparus». Incontrôlablement «disparus». Des centaines? Des milliers? Pourquoi pas des millions? Depuis la tragédie du Shaba, elle ne cesse de donner la parole à des «représentants du Front chilien» (qui représentent qui?), à des «intellec¬tuels chiliens» (intellectuel en quoi, sinon en agitation marxiste?); elle serait malade de ne pas rappeler, à cha¬que émission, que, la Coupe du Monde de football, ce n'est pas seulement du sport mais surtout de la politique, que, «dans les geôles argentines, des gens sont torturés»... Mais, pour elle, les femmes belges violées et éventrées, les enfants empalés, les hommes émasculés au Shaba, la femme et la fille vio¬lées à satiété toute une nuit devant le cadavre pendu et ensanglanté de leur mari et père à Kolwezi, ce n'était pas de la torture, c'était - dans l'esprit de ses pédants bafouilleurs, ils n'osent encore le dire, mais ça viendra- un «acte de libération». Et pour faire oublier plus vite ces cadavres et ces tor¬turés qui ne vont pas dans le sens de l'Histoire, elle appuie sur l'accéléra¬teur à propos du Chili et de l'Argentine. Il faut exciter les braves gens de chez nous sur d'hypothétiques atroci¬tés lointaines et incontrôlables pour faire oublier les atrocités qui ont frappé des gens proches de nous - nos compatriotes - et qui sont, elles, non seulement contrôlables mais contrô¬lées. De même, depuis trente-cinq ans, on nous casse les tympans avec les camps de concentration nazis, qui appartiennent bien au passé, pour nous faire oublier les camps de concentra¬tion communistes, bien plus épouvantables et qui, eux, comme disait le «chanteur d'Occident», sont du temps présent. Cette sale volonté d'entraîner les gens dans l'irréel, dans l'utopie, dans l'illusion, pour leur faire oublier la réalité présente nous semble bien illustrée par les footballeurs français qui, en Argentine, avant leur match contre l'équipe de ce pays, se posaient un grave problème: allaient-ils péné¬trer sur le stade en brandissant le dra¬peau de l'adversaire, ce drapeau «fas¬ciste» (alors que Platini, leur meilleur joueur, avouait qu'il n'avait pas trouvé l'Argentine différente de la France et que, ses camarades et lui, ils s'étaient fait intoxiquer par la gauche.) Ils auraient mieux fait de s'occuper de la réalité, de battre, sur le terrain, l'équipe d'Argentine. Cela aurait été beaucoup plus probant et surtout de leur ressort... Or ils ont été battus. Pauvres types: la politique gauchiste sert souvent d'alibi au défaut de valeur.
Donc, pour les mass-media, la tragédie du Shaba doit être gommée effacée, inexistante. Elle est indécente pour une double raison: d'abord, parce qu'elle a été commise par des nègres contre des Blancs (l'apartheid à l'envers et à la millième puissance, ça ne colle pas, n'est-ce pas, les sinistres farceurs d'Amnesty International?); ensuite, parce que les atrocités ont été supervi¬sées par des responsables communistes - cubains et est-allemands: seuls, les «fascistes» (c'est-à-dire les combat¬tants anticommunistes) doivent tortu¬rer. Eh bien, nous regrettons, pour nous, la tragédie du Shaba n'est pas finie. Ce serait trop facile: on gomme, on efface et on recommence. Et les mêmes salauds (il n'y a pas d'autre mot) remettent ça. C'est pourquoi nous avons dressé, dans ce numéro, un dossier des responsabilités, fondé sur des faits précis, des faits que le pays et le parlement doivent connaître,' des faits que les flots de paroles irrespon¬sables déversées à la tribune de la Chambre et du sénat (où on dit n'importe quoi) ont occultés aux parle¬mentaires. Sur la base des révélations des paras belges, qui étaient, eux, aux premières loges et ne se pavanaient ni rue de la Loi ni à la mairie d'Anderlecht, des parlementaires honnêtes (bien des électeurs auront l’œil sur eux, nous nous chargerons de le rappe¬ler mois après mois) doivent poser des questions à Tindemans et à Simonet, des questions enfin précises: parce qu'il est tout de même immoral et scandaleux que des paras belges aient attendu l'arme au pied pour sauver les otages belges, emmenés vers la Zambie et «liquidés» entretemps, comme l'a délicatement dît Mobutu, qu'ils aient attendu, de Bruxelles, un ordre qui n'est jamais venu. Quand un citoyen moyen tue une personne, il passe en cour d'assises. Devant quel tribunal comparaîtront les responsables de ces morts de dizaines de Belges? Comme ils sont, par définition, «irresponsa¬bles» (ce n'est pas nous qui employons ce terme qui devrait les faire colloquer mais nos institutions) qu'ils aient au moins la pudeur de quitter à jamais les estrades où ils continuent à faire du cirque pour raccoler une clientèle... Nous continuons à parler du Shaba et nous continuerons à le faire tant que l'Europe - dont la Belgique - n'aura pas une politique africaine correspon¬dant aux réalités et non plus aux imbé¬ciles abstractions nées de cerveaux malades. Nous pensons, nous, en effet, que, selon la bonne vieille for¬mule, le crime ne paie pas... Actuellement, on recrute, en Europe, des «mercenaires» - deux à trois mille - pour le Zaïre. Seuls, ces Européens pourraient y garantir l'ordre contre les incursions cubaines fomentées par les Soviétiques. Mais que ces garçons cou¬rageux ne se fassent aucune illusion: le moment venu, ils seront trahis par des gens qui ont la trahison des leurs collée à la peau. Comme ont été trahis les Blancs et les Noirs pro-belges (dont mon ami Kalubi, un chef katangais, enfermé dans les geôles angolaises) qui, au temps de Tshombé, avaient cru se battre pour un certain ordre et qui furent cocufiés par des gouvernants à la solde de la haute finance internatio¬nale, que ces gouvernants se drapent, ou non, dans un drapeau rouge. En 1978, suivez mon regard...

Sans commentaire...!
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Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 16:01

Dandois C. a écrit:Repfirst, c'est sympa tout ces copier-coller. Tu pourrais au moins citer les sources que de refourguer tel quel le travail d'archives de JP sonck!



Dandois C. mes sources j'ai les ai déja cités, si tu as lu mes postes précedentes!

Encore une fois rien que pour toi:

http://www.congo-1960.be/odyssee_des_Ti ... angais.htm

Et après tu feras comme moi: tu lis et tu suis les liens!
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Messagepar Dandois C. » 24 Mai 2008 16:11

:D
Tu viens de découvrir ce site il y a peu? Moi, je le connais depuis un certain temps et j'ai déjà lu tous les fichiers words.
:D
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Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 16:14

Tant mieux pour toi.

Maintenant tous les utilisateurs de ce forum le connaissent aussi! :wink:

Pourquoi m'avoir posé la question alors? :roll:
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Messagepar Christophe » 24 Mai 2008 16:21

REPFIRST et Patrick,

encore merçi pour les articles mais nous avons tout cela sauf le reportage que REPFIRST a mis et qui convient tout à fait.

Encore une fois.

Avez vous vu les 6 militaires Français de l'Impala ?

C'est pour faire avançer le débat et apporter des précisions sur ceux ci.

Merci d'avance.
Mutoto wa Kolwezi.
En rodage !!!!!!!
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Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 16:48

Christophe,

à l'hotel Impala on a surtout trouvé des mains coupés et beaucoup de cadavres et... du sang!
Les coopérants français sont portés disparus, comme tant d'autres otages.
Et pourtant, on aurait pu les sauver ou du moins tenter un sauvetage!
Nous, les Légionnaires on attendait avec impatience l'ordre de poursuivre
les Katangais en fuite et de les intercepter avant qu'ils ne franchissent la frontiere! Pour cela il aurait fallu que l'armée Belge nous soutient, et cet ordre n'est jamais venue de Bruxelles!
Nous étions que 600, sans armes lourdes. Tout seul on ne pouvait pas y aller! Je vous promets, vous les anciens habitants de Kolwezi, si nous avions reçu l'ordre d'y aller on aurait liberés tous les otages! Parole de Légionnaire!
L'inactivité de l'armée Belge à l'époque est impardonnable!
Je sais bien que les soldats ne pourraient rien faire sans un ordre de leur
gouvernement. Alors chrechez l'erreur et ne vous trompez pas de cible!
Citation:
parce qu'il est tout de même immoral et scandaleux que des paras belges aient attendu l'arme au pied pour sauver les otages belges, emmenés vers la Zambie et «liquidés» entretemps, comme l'a délicatement dît Mobutu, qu'ils aient attendu, de Bruxelles, un ordre qui n'est jamais venu.

Voila comment ce sauvetage aurait pu réuissir:

1. L'armée Belge aurait du nous remplacer à Kolwezi et s'engager résolument dans le combat.

2. L'armée Américaine aurait du nous héliporter (ou larguer en parachute)à la frontière Angolaise.

3. Nous aurions coupé la route aux rébelles en fuite et libéré tous les otages!

Pris en tenaille entre les Belges et les Légionnaires, les Katangais n'auraient eu aucun moyen de s'échapper!

Voila mon opinion! Cela ne s'est pas fait... Pourquoi?
La réponse se trouve à Bruxelles!

Lisez bien les articles ci-dessus et fait vous une opinion objective!
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Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 17:42

Bonjour à tous les chercheurs de vérité sur ce forum!

Lisez ce qui suit et réfléchisez!

Morceaux choisis:


La honte d'être Belge!

Tous les réfugiés affirmaient que; si les paras français étaient venus vingt-quatre heures plus tard, tous les Européens seraient..tombés victimes de la folie meurtrière noire.
Cela signifie que, si les paras étaient arrivés vingt-quatre heures plus tôt, nombre de vies humaines auraient été épargnées. Or il ne fait aucun doute que, malgré les explications embarrassées de M. Tindemans devant le parlement, les paras belges auraient pu intervenir plus tôt.
Nous y reviendrons. En attendant, c'est ici qu'il convient de parier de ces gens qui ont défilé dans les rues de Bruxelles avec des slogans du genre: «Pas un para pour le Shaba!». lIs groupaient en gros la LR.T. (Ligue révolutionnaire des Travailleurs), le C.N.A.P.D. (Oxfam), les Jeunesses communistes, etc. Si on les avait écoutés, tous les Européens de Kolwezi auraient été massacrés. Comment, dès lors, les qualifier sinon de complices des assassins?

Il est certain que nos paras auraient pu, tout comme en 1964, à Stanleyville, sauver les Belges du Shaba. lIs ne sont pas en cause. lIs dépendaient des décisions politiques prises à Bruxelles. En apprenant que les paras du 2e régiment étranger de parachutistes faisaient pratiquement tout le travail, ils ont dû, eux aussi, éprouver un sentiment de colère et de gêne (cela se sentait chez. ces garçons courageux lors de leur retour à Melsbroeck: en 1964, leurs aînés étaient revenus en héros; eux, ils revenaient en infirmiers. Et pourtant, ils auraient pu faire aussi bien. Quant à la décision politique qu'ils attendaient, nous y reviendrons car c'est là que se trouve le neud du problème.



Les responsabilités socialistes

Nous en arrivons ainsi à l'essentiel:les responsabilités gouvernementales. La solidarité des partis au pouvoir a naturellement joué même si nombre de leurs mandataires ne se sentent pas très fiers en présence de ce qui s'est passé. Le secret absolu a entouré les délibérations de «l'état-major de crise» mais, malgré les démentis, il semble bien qu'il ait été le théätre d'accrochages entre Leo Tindemans et Henri Simonet. Nous n'irons pas jusqu'à affirmer que ce dernier bloqua, durant vingt-quatre heures, l'appel à l'aide du Zaïre, comme l'affirme Mobutu, puisque nous n'en savons rien mais il est certain que les sympathies socialistes pour le F.N.L.C. n'ont pas été étrangères aux scandaleux atermoiements du gouvernement beIge. Nous disons «scandaleux» pour ne pas dire plus car, sans les paras français, il faut le rappeler, la plupart de nos compatriotes seraient tombés sous les coups des tueurs, ALORS QUE NOUS A VIONS LES MOYENS POUR QU' IL EN SOIT AUTREMENT.

A ce propos, on sait que, dans ce journal, nous n'avons jamais ménagé Giscard d'Estaing mais, cette fois, il a agi en homme d'Etat, qualité que l'on tenterait vainement d'attribuer à nos mirables gouvernants, et particulièrement à Simonet, dont André Damseaux disait justement que sa politique africaine consiste à ne pas en avoir. On n'ose pas croire que les quatre milliards de fournitures à Cuba (que Castro ne paiera jamais) aient pu entrer en ligne de compte.




Avant d'en finir, il est indispensable de souligner la manoeuvre de la R.T.B., une fois de plus dégueulasse (qu'on nous excuse mais il n'y a pas d'autre mot). Alors que les frères, les soeurs, les épouses, les maris, les enfants des victimes de la fureur marxiste noire avaient à peine remis les pieds sur le sol beIge, dès le mardi 23 mai au matin, les ertébéistes reprenaient leur sale boulot: ils insistaient lourdement sur des exactions qu'auraient commises les paras français. n s'agit de faire peu à peu oublier ainsi la véritable terreur, celle que firent régner leurs petits copains marxistes venus d' Angola. Encore un peu de patience et la R.T.B. finira par affirmer que, grâce aux «nationalistes katangais» (le vocabulaire changera peu à peu), -les «légionnaires français» n'ont pu massacrer que quelques centaines d'Européens... ..

Emile LECERF .

Que dire de plus? Sans commentaire!!!!
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Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 17:48

Un autre auteur, pas triste non plus!

Et maintenant?
Maintenant. Je vous l'ai dit. Plus de trois cents morts, plus de cent femmes violées par des macaques, Des enfants massacrés. Le fruit de plusieurs années de travail détruit ou noyé. Des réfugiés hagards, épui. sés, des existences détruites...
J'ai parlé de millions, je le regrette. J'ai honte.
J'ai honte de parler argent. Des choses pareilles n'ont pas de prix. J'ai honte pour vous, messieurs du gouvernement, qui avez hésité, tergiversé, soupesé les arguments de la gauche avant de faire donner nos parachutistes.
J'ai bonte, messieurs-camarades, car les dangereuses rêveries du parti socialiste out prévalu pendant quelques heures - peu, mais trop - alors qu'il fallait agir vite. Vous vous êtes attardés, messieurs, à écouter des dévoyés de la pensée alors qu'il eût fallu agir en gouvernants.
D'autres ont payé. Pas avec votre sang. lIs ne reviendront jamais au pays pour les prochaines élections.
Dommage. Mais vous ne le regretterez pas trop sans doute.
Mais en attendant, vous, camarades du parti socialiste, qui vaticinez dans vos feuilles, vous les gens du P.C. vendus à Moscou, vous les faux intellectuels de la pseudo-démocratie chrétienne, je vous le dis: j'ai honte d'appartenir à vos semblables. Vous avez déshonoré une nation. Des choses pareilles se paient un jour ou l'autre. Je souhaite être présent lors de ce règlement dè comptes.

A. SITTINGER .
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Messagepar PatrickL » 24 Mai 2008 18:16

Christophe a écrit:
Si ce discour te convient ok pour moi!

Mais je commence à croire que la Légion à peut etre un probléme avec tout ceci.

Pour avançer, avez vous vu les 6 militaires Français du motel Impala ?

Je pense que tu connais le motel?


Bonsoir,

1- je n'ai jamais dit que ce discour me plait, mais c'est un discour politique comme tous les discours. Et depuis quand les politiques font passer les humains avant les intérêts économiques ? Il serait temps que tu te réveilles et que tu arrêtes de t'appitoyer sur ton sort. Parce que si tu comptes sur les politiques pour te consoler, t'as tout faux.

2- la Légion n'a aucun problème avec le respect et surtout, elle n'a aucune leçon à recevoir de quiconque. Dont acte !

3- concernant les 6 militaires dont tu parles, je n'ai aucune idée de se qui s'est passé, ni de l'endroit où ils peuvent être. J'aurai aimé te donner plus de renseignements.

4- le motel Impala, je ne l'ai jamais vu et n'y ai jamais mis les pieds. De même que je n'ai jamais mis les pieds sur l'aérodrome. J'étais ailleurs et avais autre chose à faire.

J'ai répondu à tes questions.

Je remercie mon camarade Repfirst pour tous les documents qu'il a mis en ligne.
Comme tu peux le constater, Christophe, les Belges en prennent pour leur grade. Alors, ne te trompe pas de cible ... stp !

A+
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Messagepar Rose-Marie Zicot » 24 Mai 2008 19:01

Je viens de lire tous ces textes et j'ai eu le plaisir de trouver un texte qui aurait pu être mien.Bravo Mr Dossogne, vous avez certainement les mêmes sentiments que moi.Notre pays a commis beaucoup d'erreurs; l'indépendance du Congo si rapidement, le déni de reconnaissance de l'indépendance du Katanga,etc etc etc et il nous a "largué" en 78. 3 jours pour savoir si on part sauvé des vies ou pas!
J'étais au téléphone avec une amie, le mercredi 17 mai, et j'ai entendu à la radio que le gouvernement avait ENFIN accepté d'envoyer des troupes au Congo! A ce moment nous avons dit, presque ensemble:- j'espère qu'ils sont en train de sauter sur Kzi, si pas, il y en aura des tués!Les médias et le tamtam africain fonctionnaient très bien!
Et maman qui habitait assez près du "Plan P2" m'a dit que ce jour-là, il y avait eu un regain de tirs de mitraillettes ou de fusils.Quelques rescapés du P2 ont dit que c'était des soldats congolais qui avaient envahi la rue.

Tout ça pour dire que tous les belges sauvés le doivent à la légion, tout en reconnaissant que nos paras n'y sont pour rien s'ils sont arrivés plus tard.
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Messagepar REPFIRST » 24 Mai 2008 19:08

Extraits de “Europe Magazine” Juillet 1978

La colère des Belges

Lettre ouverte aux indécis ou aux lâches qui nous gouvernent.
Notre gouvernement vaut-il encore la peine que l'on se donne pour parler de lui? Le respect que l'on doit à la personne humaine et celui des valeurs qui ont établi notre civilisation lui font défaut. Il lui manque ainsi le sens de l'honneur.


C'est le samedi 13 mai à l’aube que le drame éclate à Kolwezi.
Mais il faudra cinq jours au gouvernement Belge pour envisager une action éventuelle.
Cinq jours d'horreurs et d'abominations. Cinq jours de trop. Un délai incroyablement long que seules des tergiversations politiques criminelles et des carences tout aussi criminelles peuvent expliquer. Le ministre de la Défense nationale, Paul Vanden Boey¬nants, qui était, lui, pour l'intervention, reconnaît dans sa «Lettre» périodique de mai-juin, que le cabinet restreint «réuni pendant le week-end de la Pentecôte, travaille à la préparation de la loi anticrise (...) et ne sait RIEN de ce qui se passe réellement à Kolwezi»! Comment peut-il ne rien savoir alors que certains responsables européens de la Gécamines avaient prévenu depuis une quinzaine de jours les autorités zaïroises que des rebelles introduisaient des armes dans la ville? Comment peut-il ne rien savoir alors que certains rapports de la Sûreté Belge faisaient état de L’imminence de troubles au Shaba avant le mois de juin?

«Le 17, écrit encore le ministre de la Défense nationale, alors que les morts se comptent déjà par dizaines à Kolwezi, pour la dernière fois (...), nous avons à Bruxelles des nouvelles sûres qui font état de deux victimes belges (sic). Et ce n'est que le mercredi 17 mai, en fin d'après-midi, que les premiers préparatifs d'une intervention éventuelle sont entamés. Le même jour, des paras français venus, dans le plus grand secret, de Djibouti et les paras zaïrois du major Mahele sautaient sur l'aérodrome de Kolwezi dont ils s'emparaient après de furieux combats. Les Français, eux, étaient informés... Les Américains aussi d'ailleurs dont les ressortissants avaient été rapidement évacués en hélicoptères par les Marines de l'ambassade de Kinshasa!!!

…nos services diplomatiques au Zaïre sont tout aussi ahurissants et incompétents. Non seulement, ils ne paraissent guère mieux informés de la situation sur place mais ils ne possèdent aucune information précise sur le nombre et la localisation de nos compatriotes à Kolwezi! Certains «disparus» signalés par le ministère de la Coopération au Développement étaient ainsi rentrés en Belgique depuis des années ou se trouvaient depuis belle lurette ailleurs au Zaïre!
C’est la Gécamines, une fois de plus, qui sauvera la face en adjoignant au corps expéditionnaire un certain M. Michel, récupéré à Madrid, qui pouvait avoir sur place un contact-radio épique avec un cadre de la Gécamines et qui connaissait pas mal de monde à Kolwezi!

Mais le ballet politique se poursuit, chaque parti de la coalition gouvernementale se tortillant sur son strapontin pour soupeser on ne sait trop quoi. Et les décisions politiques qui conditionnent, nous dirions qui empoisonnent, l'opération militaire traînent. Ce n'est que le jeudi 18 à 2 h. du matin que le Premier ministre, Leo Tindemans, téléphone au colonel BEM Depoorter, commandant le Régiment, pour lui donner l'ordre d'embarquement après que le gouvernement ait vraisemblablement acquis la conviction que la France interviendrait! Les premiers éléments auraient pu décoller à 8 h 30. Mais le «go» politique n'interviendra qu'à 13 h. Après un voyage de 20 à 25 heures, les parachutistes belges arrivent à Kamina le lendemain, vendredi 19 mai, entre 14 et 20 h. Le même jour, vers 15 h., deux compagnies du 2e R.E.P. sont larguées sur la ville. Pour les Européens, c'est le commencement de la fin d un long cauchemar. Pour les rebelles, c'est la débâcle. Pour nos paras, c'est l'humiliation, le coup de poignard dans le dos. Avec des effectifs supérieurs et d'une valeur équivalente, ils attendent toujours à Kamina l'ordre d'intervention qui n'arrivera que le samedi 20 mai à 5 h 50, soit huit jours après le début des hostilités.

…mais nous sommes arrivés huit jours tro tard. Huit jours qui ont coûté la vie à deux cents Européens massacrés par les hommes de paille de Moscou. Et pour ceIa, seuls, nos politiciens, au premier rang desquels figurent les vipères lubriques du parti socialiste, méritent l'opprobre . . .

D'imbéciles et criminelIes rivalités partisanes

Le «merdier» de Kolwezi apparaît à l'analyse comme un jeu à quatre ou chacun menait sa propre barque en s'efforcant d'ignorer le voisin et sans le moindre souci de solidarité européenne ou occidentale.
Tout a été dit sur le gouvernement Belge réduit à l'impuissance par les rivalités partisanes qui y prédominent et trahi par les socialistes qui auraient sans doute vu d'un-bon œil leurs amis du F.N.L.C. s'emparer du Shaba. Sans l'intervention, des «apatrides» de la Légion, dixit cette grande gueule de Cools, qui, par parenthèse, ne manque pas de culot (il en faut pour donner de la voix au parlement en trompant sciemment sou monde) nos ministres seraient encore à palabrer et nous aurions con¬nu dix fois plus de morts.Et quand il fallut intervenir, on laissa le sale boulot aux Français, confinant nos paras jusqu'à l'absurde dans une mission «humanitaire».

Il y eut queIques accrochages entre soldats Belges et rebelles. On agita sou mouchoir, on lira en l'air, on cria «hou - hou» parce qu'il ne fallait surtout pas déplaire aux «libérateurs» sanguinaires . . . Absurde! Comme il étai absurde de limiter, dès le départ, l'opération à 72 heures et au seul périmètre de la ville de Kolwezi

Nous avions, de l'avis même d'officiers paras, la possibilité d'intercepter la colonne rebelle en fuite vers l' Ango¬la et de délivrer les otages européens qu'elle emmenait avec eIle. Mais les ordres ne sont jamais venus et une soixantaine' d'innocents oot, semblet-il, été massacrés à Mutshasha sous le nez de nos paras! Soixante morts inutiles de plus,! Toute coordination avec les Français et les Zaïrois était ,interdite sous prêtexte qu'ils avaient une autre mission et qu'il ne fallait pas s'en mêler.Eux venaient casser la rébellion et nous jouions aux secouristes !


D’autre-part, si les otages de Kolwezi doivent sans aucun doute la vie sauve à l’intervention française, comme de nombreux témoignages l'attestent, l'attitude.de la France, mis à part l'intérêt propre qu'elle poursuivait et le mépris légitime pour notre gouvernement fantoche, ne fut malencontreusement pas toujours celle d'une nation amie.



Le plus regrettable sans doute est que le manque d'aménité entre gouvernements se répercuta sur les rapports entre parachutistes belges et français. On s'engueula copieusement entre colonels impartis de missions différentes. Et nos parachutistes, frustrés d' une victoire qu 'ils avaient à la portée de la main et agacés par l'arrogance bien connue de tout bon Français à l'égard des Belges, mangeurs de frites - ne ménagèrent pas toujours leurs critiques, fondées ou non, à l'encontre de para’s de la Légion. Certains nous ont dit que le parachutage de deux compagnies sur Kolwezi, le vendredi la nuit, était de la poudre aux yeux destinée surtout à marquer le coup. . . D'autres, et c'est plus grave, ont accusé les militaires français de se livrer à des exactions sur la population africaine et de faire des «cartons» sur les Européens. Lorsqu'ils découvrirent les cadavres mutilés de leurs camarades, ont peut comprendre que les lé¬gionnaires ne firent pas de cadeaux et que le détail entre un pillard et un tireur isolé leur ait quelque peu échappé.
Mais les allégations concernant le meurtre d'Européens nous paraissent difficilement soutenables. Ces accusations qu 'il est difficile de recouper avec certitude ne servent finalement qu'à fournir des arguments à la presse gauchiste qui est assez grande pour en inventer tou¬te seule et à masquer les crimes des «camarades» du F.N.L.C. qui sont, eux, indiscutables.

La délivrance

Vendredi 19 mai, la tension est à l'extrème. On chuchote que les paras vont sauter mais personne n'y croit plus. Beaucoup de nos témoins font face à la mort au sens propre comme au figuré. Les minutes comptent double. Les réserves sont épuisées. Les nerfs sont sur le point de craquer. Des Eu¬ropéens sont encore abattus, comme des chiens en certains endroits de la ville. Inconsciemment, chacun a la certitude que le bain de sang va commencer. Kolwezi est livrée aux pillards sortis, comme des rats, de la cité de Manika et qui sont animés tout à la fois par la faim et par la haine du Blanc. A quinze heures, un ronflement d'avions se fait entendre au nord de la ville, au-dessus de l'ancien aérodrome. Les corolles blanches des parachutes tachètent le ciel moite. Parmi les Noirs, une rumeur se répand: ce sont les Cubains qu'on' attend! Les Européens, eux, savent que c'est le salut qui vient du ciel . . . On attendait nos bérets rouges avec une pointe de fierté : c'étaient les bérets verts des paras de la Légion ! Les «apatrides» du 2e REP, comme l'a délicatement déclaré André Cools. Bravo, les gars !

Lundi 22 mai à midi, les derniers C-130 de la Force aérienne belge quittent Kolwezi-la-morte, laissont face à face légionnaires-parachutistes les et rebelles dispersés.
Deux cents morts au moins dans l'enfer de Kolwezi. C'est le prix d'une coopération au développement suicidaire en faveur d'un tiers-monde glouton et anarchique. Les blancs ne retourneront plus à Kolwezi sans être défendus et protégés par d'autres Blancs. Mais, en attendant, le pouls du Shaba et du monde occidental a cessé de battre. N'était-ce pas finalement le but des rebelles?

A méditer...! qui ose encore accuser les Légionnaires après toutes ces révelations de la presse belge?
SCHUSTER Horst
Ancien Sous-Officier du 2eme REP
Ancien de Kolwezi
REPFIRST
 
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